En Corps d'Âme, du temps pour soi


Il existe une posture très courante, souvent inconsciente : celle de l’attente. On se laisse porter, on laisse les choses se faire, en espérant que l’autre saura naturellement ce dont nous avons besoin.
On imagine que la « magie » de la relation ou du soin réside dans cette capacité de l’autre à deviner nos envies sans que nous ayons à dire un mot.
Pourtant, cette attente silencieuse est souvent source de frustration.
Sortir du silence (Ce que j’ai compris)
Au fil de mon cheminement, j’ai découvert que l’autre ne peut pas deviner ce que je ressens à l’intérieur de mon corps. Ce n’est pas un manque de compétence ou d’intuition de sa part, c’est simplement la limite de l’altérité.
Rester dans l’attente, c’est se décharger de sa propre responsabilité sur l’autre. J’ai compris que pour vivre une expérience juste, je devais sortir de cette passivité et oser prendre les devants.
Le massage : de la passivité à l’ajustement
C’est sur la table de massage que cette prise de conscience a été la plus forte.
Le toucher est une rencontre. Mais pour que cette rencontre soit réellement nourrissante, elle a besoin de clarté. J’ai appris que guider le praticien n’était pas « casser le moment », mais au contraire, permettre au soin d’atteindre sa pleine justesse.
J’ai appris à ne plus simplement « subir » le mouvement, mais à :
Dire : « plus lentement », « plus doux », « ici ». Oser dire « non » quand ce n’est pas le bon endroit.
Le « non » comme outil de lien
Exprimer un besoin, c’est aussi accepter que l’autre exprime le sien. Un « oui » ou un « non ».
Quand on sort de l’attente pour enfin formuler une envie, on s’expose à une réponse. Mais c’est précisément là que la relation devient vraie. Le « non » de l’autre n’est pas un rejet de notre demande, c’est l’expression de sa propre limite. C’est ce qui rend l’échange sécurisant : quand chacun peut dire ce qu’il ressent, personne n’a plus à deviner.
Une métamorphose au quotidien
Ce passage de l’attente à l’expression s’est invité dans ma vie de tous les jours.
Apprendre à guider une main sur sa peau, c’est apprendre à guider sa vie avec douceur. J’ai découvert que formuler mes besoins — sans attendre que l’autre prenne les devants — crée :
✨ Une porte vers la clarté
Oser dire ce dont on a envie est une porte vers le respect de soi et de l’autre. C’est passer d’une posture où l’on attend d’être « compris » à une posture où l’on se fait « connaître ».
Dans le toucher… comme dans la vie.
Aimy


